Témoignage de gendarme

Publié le 10 Juin 2014

Témoignage de gendarme
  • Je me suis engagée, comme on dit, dans la gendarmerie en 1986, d’abord pour y effectuer mon service militaire et voir si ce métier m'intéressait réellement.

Après un service de 18 mois, j'ai intégré l'école des sous-officiers de Montluçon où, je l’'avoue, j'ai passé 8 mois difficiles car le métier de gendarme n'était pas aussi facile que je l'avais pensé.

Puis vint le choix des places. Je me suis retrouvée pour mon premier poste dans une petite brigade de gendarmerie du Puy de Dôme. C'était une brigade composée de 6 personnels. A cette époque en 1988 nous avions deux jours de repos par semaine. Le reste du temps nous étions de permanence.

Dès mon arrivée dans cette unité, Les collègues plus âgés m'ont tout de suite mise à l'aise. En guise d’accueil, ils m'ont dit : " pour nous la place d'une femme c'est à faire la cuisine et à élever les enfants, on ne travaille avec toi que parce que tu es gendarme". Là j'ai vite compris qu'il fallait être forte, ne rien laisser paraitre et faire mieux que ces messieurs si je voulais me faire respecter. Je devais sans cesse prouver ma valeur.

Durant mon temps d'affectation à cette unité j'ai vu beaucoup de choses, des belles et de moins belles. J'ai été confrontée à la détresse humaine, à la mort… C'était très difficile à vivre car je n’avais pas vraiment de possibilité de me décharger de ces fardeaux ni auprès des collègues ni auprès de ma famille ; ‘’on ne mélange pas le travail et la famille ‘’.

Par la suite, j'ai été mutée dans une unité un peu plus grande. Nous étions une dizaine de gendarmes. Là j'ai eu mon premier enfant et j'ai pris un peu plus conscience des difficultés à concilier ce travail de gendarme difficile et dangereux avec ma vie de famille.

Témoignage de gendarme
  • J’étais partie pour vivre ainsi ma carrière de gendarme avec le handicap d’être femme au sein d’un milieu à l'époque encore assez machiste.

J’œuvrais dans la crainte de déplaire à ma hiérarchie, à mes collègues, aux magistrats avec lesquels nous travaillons en permanence. Je me demandais souvent : Suis-je assez présente pour mes enfants, mon époux ?

Ces inquiétudes-là développent un stress plus ou moins bien gérer selon les personnes ; stress qui à terme peut générer des périodes de ''blues'' voire une dépression parfois dramatique chez certains collèges.

Témoignage de gendarme
  • C'est dans ce contexte qu’en 1993 un événement à bouleversé ma vie : ‘’ je me suis convertie ! ‘’.

Les esprits chagrins diront : ‘’ Elle s’est convertie à quoi ? ‘’ Je leur répondrai que la question serait plutôt : ‘’Elle s’est convertie à qui ? ‘’.

Car ce que j’appelle conversion -mot qui signifie étymologiquement : changer de sens, faire demi-tour- est en réalité le résultat d’une profonde expérience spirituelle, d’une rencontre personnelle avec le rédempteur de l’humanité ; celui dont il est écrit :

« --- le Fils de l’homme est venu, non pour perdre les âmes des hommes, mais pour les sauver… (Luc 9:56) ....Car il fut un temps où nous-mêmes, dans notre aveuglement et notre folie, nous vivions en insensés, dans la révolte contre Dieu, égarés dans une fausse doctrine, esclaves de toutes sortes de passions et de plaisirs. Nos jours s’écoulaient sous le signe de la méchanceté et de l’envie, une haine mutuelle nous dressait les uns contre les autres. Mais un jour parut la bonté de Dieu notre Sauveur ; son amour pour tous les hommes s’est manifesté et il nous a sauvés. Ce ne sont certes ni nos mérites ni notre moralité qui ont poussé Dieu à intervenir. Il n’a pas regardé si nous avions accompli les œuvres exigées par ce qui est juste, mais, s’inspirant de sa seule bonté, il nous a sauvés en nous faisant passer par le bain purificateur de la nouvelle naissance, c’est-à-dire en nous renouvelant par le Saint- Esprit. Cet Esprit, il l’a répandu généreusement sur nous par Jésus-Christ notre Sauveur. Ainsi, c’est par sa grâce que nous avons été déclarés justes. Nous sommes donc maintenant considérés comme si nous avions toujours satisfait aux exigences de la justice divine. Du même coup, nous sommes devenus ses héritiers, promis à une vie qui ne finira jamais. Oui, telle est notre espérance ! (Tite 3/3-7--PVV) »

La bible le présente aussi comme l’ami fidèle et tendre, toujours prêt comme le dit ce chant :

à répondre à notre cri !

à nous comprendre quand nous sommes en souci !

à nous défendre quand l'ennemi de notre âme nous presse !

à nous apprendre à vaincre les difficultés, les embuches, les soucis, le stress en comptant sur lui !

S'il nous voit vrai et sincère à chercher la sainteté, Il écoute nos prières et nous met en liberté.

  • Vous avez compris que j’évoque ici Jésus-Christ qui est devenu mon rédempteur, mon sauveur et mon ami…

Bien que l’exercice de la profession restait difficile, je savais que j'avais cet ami, ce confident auquel je pouvais dire tous mes soucis, mes peurs, mes angoisses, mes frustrations.
Quand les choses devenaient plus dures, je le priais ; je lui livrais mon désarroi.

C’est alors que je recevais ce réconfort dont j'avais tant besoin.

  • De gendarme que j’étais simplement, je suis devenue un gendarme chrétien ou une chrétienne gendarme exerçant un beau métier mais si dur…

Bien souvent je me suis sentie seule de mon espèce ; une femme chrétienne qui plus est dotée d’une arme, servant dans la gendarmerie.

Puis un jour j’ai su qu’existait une association de gendarmes et policiers chrétiens de culture protestante-évangélique, l’AEPPGF.

J’ai rejoint l’association. Je n'étais plus isolée. J’ai trouvé des amis qui partagent les mêmes préoccupations, les mêmes contrariétés professionnelles et avec lesquels on peut échanger.

Je vous invite, vous qui lisez ces quelques lignes, à nous contacter, à nous rencontrer car vous n'êtes pas seuls !

Que vous soyez gendarmes, policiers de la nationale ou de la municipale, ou que vous exerciez une activité d’état qui vous rapproche de nous, ne restez pas dans votre solitude, surtout si vous êtes éprouvés !

Tournez-vous vers l’AEPPGF ! Contactez nous via le blog !

Qui mieux que des policier ou gendarmes pourraient vous épauler, vous encourager et prier avec vous afin que celui qui me soutient vous secoure aussi.

Amis, soyez bénis !

Corinne

Témoignage de gendarme

Rédigé par Corinne

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JMM 18/10/2016 18:56

Bravo et merci pour votre témoignage "Corinne", découvrant ce blog et même si je ne suis plus en activité, au regard du nombre de "départ prématurés" (par le plus court chemin) qui va en augmentant, votre soutien est loin d'être vain surtout depuis qu'une médecin militaire (compétente localement) m'a partagée voici deux ans environ une montée "prévue" de la pression en me l'illustrant d'un "petit croquis" d'une courbe exponentielle façon dette publique...Bref, dans la pensée de Jacques Ellul (penser global, agir local) nous ne vous oublions pas (prière) et surtout sans oublier de bien expliquer aux "gens" ce que beaucoup d'entre vous vivent/"subissent" (pédagogie)...Bref merci ! et en espérant que vous voyez passée CB (voir+), Mes Respects !. :-)

Corinne 13/06/2014 14:31

C'est dur de reconnaitre son impuissance parfois dans les choses que nous ne pouvons contrôler. Faire confiance est difficile surtout quand on ne voit pas cet personne. Mais la bible est là pour nous permettre de le connaitre je prendre connaissances de ses promesses pour nos vies et de mieux vivre dans cette présence reconfortante dans cet amour divin contre lequel on ne peut rien. Et en plus c'est gratuit...